Cybercriminalité : Nette augmentation en Colombie-Britannique

23 avril 2015

En 2006, lorsque la Police de Vancouver a effectué les premières arrestations pour des motifs reliés à la cybercriminalité, 39 cas avaient été recensés pour l'ensemble de l'année. En 2014, les autorités en dénombraient 426.

La police attribue cette hausse à la popularité croissante des achats en ligne et des services bancaires. Ces activités attirent les criminels puisque les informations personnelles et financières sont divulguées lors d'une transaction.

« Internet est devenu une pratique courante pour effectuer des transactions commerciales ou pour faire des recherches. Il va de soi que les cybercrimes vont augmenter, » explique le Sergent Tony Cavezza de l’Unité chargée de la criminalité financière de la Police de Vancouver, dans une interview pour le quotidien The Province.

En mars dernier, mois consacré à la prévention de la fraude au Canada pour la onzième année consécutive, le quotidien de Vancouver avait mené une enquête auprès des résidents de la province, en collaboration avec les firmes MNP et Groupe Mustel, dans le but d'évaluer leurs attitudes et comportements face au cybercrime.

Les résultats sont encourageants…↑. Si vous êtes un escroc! La moitié des répondants n'ont aucun logiciel anti-programmes malveillants et ne verrouillent pas leur ordinateur. Seul un maigre 3 % des personnes interrogées changent leurs mots de passe régulièrement; une méthode cruciale pour se défendre contre le piratage.

Selon Evi Mustel du Groupe Mustel, ce manque de prudence peut s'expliquer par l’ignorance de la véritable prévalence de la cybercriminalité et des risques encourus. Les gens ne croient pas qu'ils puissent en être un jour victime. Ils pensent naïvement que ce sera facile de récupérer leurs pertes et de réparer les préjudices causés à leur crédit. Ainsi, seulement 12 % des personnes interrogées disent être grandement sensibilisées au risque de pertes financières en raison de la cybercriminalité, tandis que 49 % le considèrent comme faible.

« Puisque les gens perçoivent le risque de cybercriminalité aussi bas, les précautions prises sont minimes, ce qui rend finalement les gens encore plus vulnérables », mentionne Mme Mustel au journaliste de The Province. « En outre, je crois qu’il existe un faux sentiment de sécurité [qui fait croire aux gens] que les compagnies de cartes de crédit ou les banques couvriront les pertes. »

En réalité, des 16 % de répondants qui ont déjà été victimes de cybercriminalité, plus que le tiers, soit 36 %, n’a jamais récupéré les pertes financières subies et 27 % de ces derniers craignent de devenir une victime à nouveau.

Le cybercrime fait partie des crimes les moins dénoncés aux autorités policières. Ceci encourage fort probablement les cybercriminels. Seulement 18 % des personnes interrogées qui ont été victimes de cybercriminalité ont signalé le délit à la police, bien que 70 % des répondants floués l'aient rapporté à leur institution financière ou à la compagnie émettrice de leur carte de crédit.

Mais pourquoi la Colombie-Britannique est-elle devenue un point chaud pour la cybercriminalité ? Selon Jacklyn Davies de MNP, c'est peut-être en raison de l’importante population de personnes âgées dans la province. Ce groupe démographique est moins susceptible de connaître les risques de sécurité en ligne et la façon de s'en protéger. « Les aînés sont plus vulnérables aux arnaques échafaudées par les escrocs et les fraudeurs. Les personnes âgées seront souvent plus confiantes et donc plus disposées à envoyer de l’argent ou encore à donner des informations personnelles à des étrangers », explique Mme Davies. Pendant ce temps, les jeunes qui ont grandi avec l’Internet savent se méfier des rencontres sur le Web, ce qui en fait des cibles moins intéressantes pour les cybercriminels. « En plus, ils n'ont pas les moyens financiers des plus âgés », ajoute-t-elle.

Si le vol d'identité et la fraude par cartes de crédit causés par le cybercrime vous préoccupent, adhérez à un service de surveillance du crédit. Vous serez alerté de toute transaction financière suspecte et vous pourrez prendre les mesures pour vous protéger.

02